L’histoire racontée par Laurent Lerbet est tristement banale. Celle d’une société victime d’une cyberattaque, comme on en voit des centaines. En juillet 2022, sa coopérative agricole voit plusieurs de ses machines « vérolées » par un logiciel malveillant. « Ils sont entrés et ils ont tout chiffré, explique au Monde le gérant, dont dépendent également des caves à vin dans le sud-ouest de la France. Pendant trois jours, nous n’avions rien. »

La criminalité par rançongiciel – ces virus déployés pour paralyser des réseaux informatiques entiers – s’est imposée, depuis 2020, comme une menace majeure pour les autorités. Les attaques les plus médiatiques ont mis à mal des multinationales, laissé des traces pendant des mois, avec à la clé des demandes de rançons se chiffrant en dizaines de millions d’euros.