J’ai rejoint Europol, l’autorité de poursuite pénale de l’Union européenne, en 2018. À l’époque, je savais déjà que la criminalité organisée allait évoluer rapidement, mais je ne me doutais pas de la vitesse et de l’ampleur de cette évolution. En 2025, la cybercriminalité n’est plus un sujet marginal: elle constitue l’épine dorsale du crime organisé mondial. Chaque attaque de rançongiciel, chaque campagne d’hameçonnage et chaque transaction frauduleuse en cryptomonnaie la rendent encore plus lucrative et menacent la stabilité de notre société.

Il ressort du rapport d’Europol sur la cybercriminalité que les données constituent aujourd’hui la matière première de la criminalité: elles en sont à la fois la cible, l’outil et la marchandise. Ce qui a commencé par des attaques sporadiques de hackers s’est transformé en un écosystème hautement professionnalisé. Le vol de données est devenu le pilier du crime organisé, perpétré par des intermédiaires spécialisés qui achètent et vendent des accès à des systèmes compromis, voire proposent ces accès en location.